Dominique si vous me lisez, et après tout c'est possible avec les miracles des moteurs de recherche, sachez que je compatis à ce grand moments de solitude. Personne n'est à l'abri des erreurs, et ce n'est pas toujours facile de savoir à quel moment il faut cesser de s'enteter. Il était encore temps de faire marche arrière voici 3 semaines, maintenant ça tiraille de partout même dans votre propre camp. La bataille est perdue mais la France se fait plaisir. Ce sera nettement moins drôle quand vous serez parti, ce sera la fin de la récré, les gens reprendront une vie normale.
A bien des égards, votre cas me rappelle celui de Jean-Marie Messier, magnifique communiquant, temporairement homme providentiel, beau gosse et très médiatique. Lui aussi n'a pas su distinguer le moment où il fallait faire marche arrière. Si un jour cela m'arrivait de me trouver dans une situation identique, est-ce que j'aurais ce courage ? En tout cas, internet est une bonne école de transparence et d'honneteté. Faites donc un blog une fois au chomage. Il y a moyen de faire bien mieux que Juppé, et ça apprend beaucoup de choses.
Votre nom restera gravé sur la liste des ex-futurs présidents de la République, juste en dessous de celui d'Hervé Gaymard, qui avait lui aussi une voix toute tracée et qui a lui aussi un peu manqué de clairvoyance.
Demain, dans les embouteillages, je penserai à vous. J'ai une grosse journée de travail mais grace à vous j'aurai quelques heures pour méditer sur le bonheur d'être gouverné par de grands esprits formés à la dure école de l'ENA, les deux pieds fermement plantés sur terre, les yeux et les oreilles braqués sur le monde à scruter les attentes de leurs compatriotes.
Dominique, croyez bien que je ne vous deteste point, après vous Alliot-Marie qui n'apportera pas grand chose, ou Sarkozy qui n'aura de cesse que de remplacer Chirac dans le générique des Guignols de l'info, mais avec un sérieux danger qu'il appuie réellement sur le bouton rouge vu le personnage... Ma crainte majeure est alors qu'un kamikaze se fasse sauter place de la Concorde avec une petite bombe atomique de quelques kilos-tonne mais après tout la vie n'est-elle pas qu'un état provisoire ?
Dominique, ne partez pas tout de suite, attendez la prochaine dépression météo, laissez la France s'unir contre vous (l'oppression est une methode de cohésion éprouvée), laissez les syndicats résusciter encore un peu et les jeunes se promener dans la rue au milieu des bourgeons. Peut-être flirtent-ils ? Peut-être vivent-ils des histoires qu'ils auront plaisir à raconter à leurs enfants et petits enfants ? La grande histoire de la gauche commencée en 36 par nos arrière-grands-parents continue. Bientot le temps des cerises, en attendant le Grand Soir.
Dominique, la France s'emmerdait, la gauche s'éteignait à petits feux, vous l'avez réveillée avec talent. Maintenant, la rue et la blogosphère s'embrasent (over-blog aussi aujourd'hui mais passons), des élans de Jean Jaures fleurissent sur la toile, enfin un peu de vie ! Quelle fougue !
Dominique, appréciez pleinement les heures qu'il vous reste à passer à Matignon, savourez les à petites gorgées, vous aurez 30 ans pour y repenser ensuite.
Dominique, à bientôt sur votre blog, n'étant pas rancunier je le mettrai en bookmark s'il est de qualité
Très respectueusement
Ava, votre serviteur bien dévoué

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