Reflexions sur l’election présidentielle
Franchement, Lionel Jospin n’avait pas une envergure exceptionnelle quand il est devenu premier ministre, mais il a été un des meilleurs, tant au niveau social, avec les 35 heures qui sont une des avancées sociales les plus significatives des 30 dernières années (même si c'est très chiant à gérer en entreprise), qu’au niveau économique, où la France a bien surfé sur la vague favorable, devançant plusieurs pays européens majeurs.
Franchement, j’ai eu très peur quand Bush a été élu président à quelques dizaines de voix car j’avais le sentiment qu’il allait générer de la haine par sa politique impérialiste et j’avais raison.
Aujourd’hui, Sarkozy me fait profondément peur exactement au même titre. C’est quelqu’un qui a attisé la haine des jeunes de banlieue en novembre 2005 créant ainsi des md€ de dégat, et qui est capable d’attiser exactement la même haine que Bush au niveau international. C’est quelqu’un dont je sens qu’il est capable de rendre la France profondément détestée au seul profit de son ambition personnelle. Et pourtant, il est très séduisant quand on l’écoute car c’est quelqu’un qui est dans l’action, qui est très clair, et qui sait être très sympathique. C’est pour ça qu’il est très dangereux.
J’ai mis du temps à comprendre que le seul but d’un homme politique est de se faire élire ou réélire. C’est leur job, comme mon job est de faire réussir ma société. L’absence de conviction manifeste d’un grand nombre d’entre eux (Mitterrand passant de la droite à la gauche, Fabius passant de la droite à la gauche de la gauche, Villepin/ Chirac jouant vers le centre pour mieux réunir les anti-Sarkozy…), me rend profondément mal à l’aise. J’ignore si c’est le cas dans tous les pays ou bien si c’est lié au fait que nous avons une classe politique profondément professionnalisée.
Parmi les gens d’idée que je connais et qui seraient de bons leaders, ce n’est possible pour aucun d’entre eux de devenir homme politique. Qu’ils soient cadres, chefs d’entreprise, profession libérale, ils ont des traites et ne pourraient se permettre de quitter leur emploi : que feraient-ils à l’issue de leur mandat ?
La conséquence est que les élus sont issus de la fonction publique à 90%. Parmi ceux qui restent, plusieurs sont détachés d’un groupe qu’ils rejoignent bien vite à l’issue de leur charge et pour lesquelles ils influencent les lois pendant, plusieurs sont avocats et leur mandat fait un peu partie de leur métier.
Au sein de la fonction publique, l’ENA est évidemment le problème le plus criant. Nombre de jeunes loups de 20 ans font d’abord l’ENA et choisissent leur parti politique ensuite. Il y a un article dans les Echos Magazine de février 2006 que j’ai trouvé intéressant même si son titre est racoleur : « Devenez un bon manager », où il est dit en particulier que c’est très important de créer de
Aujourd’hui, la France a certainement la gauche la plus bête du monde. Perdre aussi stupidement la dernière election présidentielle alors qu’elle était presque gagnée d’avance est stupéfiant. Que son leader prenne sa retraite sur un coup de tête l’est encore plus, laissant un champ de ruine derrière lui. Les éléphants qui restent sont particulièrement inéligibles :
Ca ne m’étonne pas que les 2 en tête des sondages, Bernard Kouchner et Ségolène Royal soient ceux qui respirent le plus la sincérité... Le problème est qu’ils n’ont aucune expérience de responsabilités importantes au sein d’un gouvernement...