Oui le patriotisme économique est une forme atténuée de chauvinisme qu'il est difficile de trouver éthiquement respectable. Ceci dit l'état-nation mettra des générations à s'estomper dans la conscience collective et l'identité nationale des entreprises est bien présente pour beaucoup de consommateurs, donc impossible à ignorer pour le politique. C'est proche du patriotisme sportif : oui ça fait plaisir aux français que la France récolte des médailles aux Jeux Olympiques, de la même façon cela fait plaisir quand des entreprises françaises gagnent. C'est parfois absurde de supporter des sportifs français qui de toute façon habitent Monaco ou les Etats-Unis...
Concernant les entreprises, il faut savoir que seulement 30% des fusions de grande envergure créent de la valeur pour leurs actionnaires, que la plupart coûtent des emplois et une insatisfaction des salariés fusionnés. La plupart des fusions ne créent pas significativement de valeur et 20% environ sont des fiascos retentissants.
Economiquement et socialement, ce type de fusion est (statistiquement) absurde. Mais les actionnaires, qui sont les vrais patrons des patrons, attendent des entreprises qu'elles grossissent. Coute que coute.
Pragmatiquement parlant, je vois beaucoup plus de valeur à créer pour l'actionnaire dans une fusion avec GDF, qu'avec ENEL (maitrise et mutualisation du lien client, meilleure résistance à la concurrence par une offre globale versus simple addition de territoires...).
Ceci dit la réaction de Matignon fait vraiment désordre et on ne peut que comprendre la colère des italiens. Les américains doivent être assez agacés de l'affaire Danone, et pas prêts à recommencer... A nouveau pauvre France...