Mercredi 21 novembre 2007
Ce blog est alimenté de façon peu régulière en ce moment, désolé pour mes visiteurs (paradoxalement de plus en plus nombreux, souvent plus de 100 par jour...) : difficile d'etre dirigeant d'entreprise, papa, et blogueur assidu.
Nous sommes aujourd'hui au 8è jour de grève, se déplacer à Paris est l'enfer, à voir quand viendra l'amélioration. Si la réforme des régimes spéciaux est une nécessité, la méthode appliquée par le gouvernement est brutale tout autant que stupide. Elle a pour but évident de marginaliser encore plus les syndicats par exaspération de l'opinion, mais cela pénalise l'économie de façon dramatique, non seulement en affectant fortement la productivité immédiate, mais en plus en détournant les visiteurs de la France de façon récurrente. Encore une fois, la politique l'emporte sur l'économique, qui ne semble pas préoccuper le gouvernement Sarkozy. Pourtant c'est la faiblesse de notre économie qui est à la source de notre déclin autant à l'international qu'en terme de niveau de vie.
Donc la commission Attali.
De nombreuses analyses convergent pour dire qu'un des principaux problemes de croissance en France est le manque de PME et de création d'entreprises : il est déjà intéressant de remarquer que la commission est composée de 40 membres dont un seul a déjà crée une entreprise, Geoffroy Roux de Bezieux ! Un vrai patron, qui a quand même choisi d'aller payer ses impots à la reine d'Angleterre... Dans cette commission, plein de people, dont quelques patrons d'entreprises-institutions dont le développement est bien peu impacté par le politique. On y retrouve l'inénarable Claude Bébéar !
- les premières mesures proposées par cette commission "star" ont concerné l'augmentation du pouvoir d'achat et non la croissance ! C'est purement démagogique : si nous consommions que des produits chinois moitié moins chers, notre pouvoir d'achat augmenterait de façon certaine, en condamnant tout aussi surement notre économie en peu de temps.
- L'essentiel des mesures concernent la libération de la grande distribution. D'une part cela pénalise les petits commerces fortement générateurs d'emploi. D'autre part, les plus démunis achètent aujourd'hui essentiellement en hard discount (Aldi et autres), pas du tout impactés par ces mesures. Je ne pense pas que Jacques Attali et Claude Bebear soient déjà rentrés chez Aldi.
- Rien pour l'instant sur le logement, à l'origine du plus gros probleme de pouvoir d'achat actuellement et de loin.
- La mise en place de clauses de ruptures à l'amiable sur le contrat de travail est de l'electoralisme (de droite) pur et inutile : de fait, la rupture à l'amiable est pratiqué des milliers de fois chaque mois.
- La remise en cause du principe de précaution est une hérésie de grabataires : l'environnement est notre capital le plus important aujourd'hui, la précaution à son égard est indispensable.
Mes quelques propositions pour "libérer la croissance"
- Mettre des anciens entrepreneurs au Ministère de l'Industrie et des PME, non des enarques
- Il manque des centaines de milliers de travailleurs en France dans l'artisanat, la restauration et le batiment : accueillir les travailleurs étangers expérimentés dans ces domaines
- Donner un visa aux entrepreneurs étrangers qui veulent venir investir et s'installer en France
- Former plus d'entrepreneurs, et encourager leurs connexions avec le monde de l'innovation technique.
- A l'instar des canadiens, fortement encourager les entreprises étrangères souhaitant venir s'installer en France sur des compétences nouvelles.
- Favoriser l'accès au crédit pour les PME et pas seulement les jeunes entreprises innovantes "Anvarisées"
- Condamner fortement les démarches scandaleuses des organismes de crédit consommation. Le Cetelem est un créateur de pauvreté monstrueux, abusant et ruinant les moins instruits au point de les mettre à la rue dans des cas fréquents.
La commission devrait lancer une large consultation sur le sujet auprès des créateurs de croissance car je ne suis certainement pas le seul à avoir des idées en la matière ! En tout cas, cette commission composée de bien peu d'acteurs de la croissance, et de beaucoup qui ne sont pas acteurs de la vie économique, fait la preuve qu'on gache une formidable occasion de consulter largement sur ce sujet absolument essentiel !